Les ruines. Vous avez peut-être remarqué le bonhomme qui m’accompagne est un aficionado de ces grosses belles pierres…soit, c’est gros, c’est beau. J’ai beaucoup moins d’imagination, de connaissances et j’ai facilement tendance à me laisser perturber par les esprits libéraux qui m’entourent. Je vais donc vous écrire sommairement notre visite à Palenque, lieu ma foi fort coquet et cocasse…
Nous nous levons tôt après une nuit lourde de chaleur et de bruit de moteurs, afin d’arriver aux ruines pour l’ouverture ou ses environs, soit vers 8h. La route qui mène aux ruines commence la mise en condition…payante, oh rien, mais bon, douillez puis avancez… Pas grave sinon que le côté Indiana Jones perd encore de son ampleur. Ce n’était qu’un détail. Arrivés vers l’entrée, une zone exigüe peuplée d’une foule occidentale composite vomie par de nombreux bus, quelques mexicains en vacances, et de nombreux autochtones vendant tout et n’importe quoi à ce « tout n’importe qui »…
Quelques attentes plus tard (qui nous ont permis avec convenance de combler nos besoins naturels matinaux), nous finissons par franchir les grosses grilles grises qui séparent le parking du site proprement dit… Nous voilà donc dans le sein des saints, au cœur d’Archéololand, dans ce lieu où quelques millions d’âmes ont vécu afin qu’aujourd’hui un conglomérat insensé de touristes sensibilisés spontanément par les joies de la découverte archéologique promènent leur chewing-gum, appareil photo et famille. Ces braves gens, ne sachant que faire sinon surcharger les cartes mémoire de leurs caméras, s’approchent, les bras ballants et l’œil nonchalant, des vendeurs autochtones qui proposent quantités d’objets « exotiques » : des ponchos bariolés aux cendriers en céramiques plastifiés en passant par d’effroyables masques mayas en fausses pierres, fausses représentations, faux commerce solidaire et vrai enrichissement de grosses boites étatsuniennes… A cette vue, j’offre, l’œil mauvais et en coin, l’énorme appareil photo qui m’accompagne depuis le début de cette aventure au Piero ébahi, ce dernier étant probablement en train de fantasmer sur je ne sais quelle perversion ésotérique…
Le site est effectivement fort joli, des belles pierres, bien agencées qui se réunissent au bas de gigantesques montagnes au milieu d’une jungle brumeuse et luxuriante. Mais, (ceux qui ont déjà visités quelques sites de cet acabit avec ma personne connaissent certainement cette pathétique mauvaise foi qui m’habille lorsque je rentre dans ces zones) absolument impossible pour moi de voir quoique ce soit de joli dans ce lieu peuplé…trop peuplé d’êtres inhospitaliers. Quelques mots de français vont jusqu’à atteindre mes oreilles prudes… que d’absurdités, de grossièreté et de prosaïsme...
Je vous vois déjà, vous, là-bas, ceux qui connaissent ma prétention et mon orgueil en train de gigoter, instables, sur vos chaises devant vos PC. Et je vous entends déjà hurler d’une énorme voix affligée « MAIS T’ES QUOI, TOI, GROS NAZE ? » Ben oui, et c’est précisément ça qui me gène, si, au moins, j’étais supérieur, si je connaissais parfaitement l’histoire, l’évolution, le ressenti de ces lieux…Mais, non, je suis pathétiquement là, à regarder, sans même en profiter, un lieu enchanteur antédiluvien…
Alors, un conseil, si vous ne voulez pas, comme moi, être partagé entre la sensation d’appartenir aux cons, aux sans esprits, aux petits, aux inutiles et celle de louper un lieu qui pourra vous faire connaître notre humanité, restez chez vous, allez prendre une bière, couchez les petits, allumez la téloche et regardez Drucker !!!

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