TEst pour alice
jeudi 12 mars 2009
volver
Par Pierre le jeudi 12 mars 2009, à 20:04 - Amérique centrale

Voilà, ça y est, après presque quatre mois de nomadisme américain, à rouler notre mécanique outrecuidante,
à escalader les augustes pierres d'insignes ancêtres mayas, à courir les jungles sauvages où abondent le jaguar et le moustique, à affronter les courants marins turquoises, à dévaler les pentes de cantinas aux cervezas ensoleillées, à chevaucher notre espagnol rutilant parmi la faune des places et des avenues, à franchir les détestables frontières garantes d'illusoire souveraineté, à triompher de mille périls de tout calibre, à traverser les dédales d'indescriptibles marchés, à braconner des tonnes de tacos des rues, pleins de saveurs et d'épices comme elles, à conquérir un site internet farouche, vierge et beau, à revisiter la révolution de Zapata, à dévoiler les aurores boréales de notre prose fulgurante, à parcourir les plages blanches souillées par l'imposture de tours operateurs impériaux, à défricher de profondes mangroves aux palétuviers centenaires, à géographier des champs de canne à sucre et d'agaves, à cartographier les limons mythologiques d'une culture indienne conquise, à arpenter les coteaux empierrés de l'orgueil généreux de nos egos, à explorer l'altérité et entrevoir, enfin, les secrets du grand Hermès, nous regagnons notre terre en espérant vous y revoir bientôt.
Bon vent à tous.

politique française
Par Pierre le jeudi 12 mars 2009, à 17:36 - Mexique
Sinon, on a croisé Sarko au Mexique, oui, on lui manquait :"vous connaissez ma femme? Caressez mon chien!" puis, on est allé boire l'apéro dans le van… Nous pouvons donc affirmer que toute la polémique sur son voyage, son coût et sur qui qui paye, c'est que de la calomnie diffamante de gauchistes en manque de chat à fouetter. Sarkozy ne fraye pas avec des banquiers milliardaires mafieux et narcotrafiquants, d'ailleurs y'en a pas au Mexique, non, il voyage avec deux chômeurs français en fourgonnette Ford!
Et en attendant voilà ce qu'on nous pond à l'assemblée : une loi "Création et internet" qui veut instaurer un organe de traque aux échangeurs de données par internet, avec délation, punition et pas de recours possible avant la sanction! Le bonheur quoi!
le lien est là : http://www.laquadrature.net/HADOPI
samedi 7 mars 2009
speedy-blog
Par Pierre le samedi 7 mars 2009, à 18:49 - Guatemala
A force de prendre du retard, on finit par être franchement à la bourre et me voici forcer de faire du speedy-blog histoire que notre littérature aventureuse ne finissent pas en eau de boudin…

Arribarriba, donc, nous en étions à Antigua, où nous passâmes 15 jours à travailler comme des forçats informatico-compulsifs, à peine divertis par un urbanisme colonial et élégant bien qu'assez orthogonal, ni par une architecture ancienne et romantique (ça veut dire sale et cassée), ni par le jeune directeur de l'alliance française, agréable, malicieux et joliment festif, ni par ces énormes volcans qui entourent la ville et accrochent les nuages, mais peut-être, oui, par la foule de la posada Ruiz, notre hôtel du moment, qui présentait une belle brochette de touristes, confinés dans une promiscuité de camping urbain, et décrivant toutes les facettes possibles du voyageur : bruyant à brailler pendant des heures les propos convenus de nouvelles rencontres polyglottes, heureux à s'extasier devant le coucher de soleil exceptionnel et néanmoins quotidien, blasé d'avoir parcouru le monde dans les deux sens mais généreux au point de t'en raconter tout les bons plans, ermite tendance new-age qui après plusieurs années comme coach de chemin intérieur (en Californie, tu penses) s'en vient au Guatemala pour faire du Tai-chi à l'aurore et draguer des Québécoises au crépuscule et réfléchit sur les cercles concentriques de son existence qu'il lui faut enjamber, djeune et cool qui fume des pétards toute la journée et rigole toute la nuit et parle avec une lenteur giflable et un sourire stupide à n'importe quel passant ayant du feu, crade et sale et insupportable d'irresponsabilité à laisser les tables dégueulasses et les cendriers débordants et la vaisselle infecte et la cuisine immonde.

Et au milieu de toute cette pétaudière bigarrée, Maria, en tenancière accoutumée et constante, bardée de ses trois filles et de son mari, qui lave les chiottes, nettoie les traces de tous et ouvre les portes à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. J'en imaginais, à la suite du chacotero sentimental (un film chilien que je prêterai volontiers aux hispanophones) la vie sexuelle de ce couple vivant dans deux pièces avec 3 filles et au milieu d'une trentaine de farfelus voyageurs : quand, enfin les filles dorment, que les gens au dehors se sont tus, quand enfin ce couple peut s'abandonner à un moment de tendresse, et ben un con de touriste occidental s'en vient sonner à la porte !
Nous quittons Antigua pour Cuidad Guatemala, dite "Guate" la capitale, où nous passons récupérer Christine à l'aéroport. Euh, Guate, entre nous, c'est nul! C'est grand, ça pue et c'est pas beau et y'a plein de voitures et des grandes rues et des terrains vagues… on s'en va vite. Direction le sud : el Pacifico.

Ici commence pour moi une autre partie du voyage. Oui, maintenant que je navigue avec un couple, ne me manque plus que la livrée de chauffeur. Je passe mes nuits au comptoir des hôtels, où ils dorment dans le luxe, à partager mes amertumes d'employé exploité avec le gardien de nuit, à qui, lui aussi, on avait promis monts et merveilles, genre qu'il serait responsable de l'hôtel, qu'il aurait chauffeurs, salutations, et petites pépettes faciles et qui se retrouve à garder l'hôtel la nuit ; et moi pareil, qui me croyais associé de cette aventure et me retrouve simple chauffeur et traducteur et dors dans la voiture… Entre petit personnel, on se comprend!
Enfin, on poursuit néanmoins notre route : de Monterrico, sur le Pacifique, on file à Copan, au Honduras : gros site, grosses pierres, pas mal, bon moi j'aime bien, mais c'est quand même pas les mieux. De là on part pour les Caraïbes guatémaltèques : Puerto Barrio, puis après 30 minutes de bateau : Livingstone. Ici la population est noire et bien qu'hispanophone les jeunes ont la démarche nonchalante et la dégaine US, alors que les vieilles, avec leur robe et leur chapeau semblent sortir tout droit de la Louisiane. On se balade le long de la plage, on patauge dans des cascades et on boit quelques cocktails, avant de reprendre la route emportant le parfum subtil et langoureux de ce coin de paradis turquoise.

Après de longues heures de van nous arrivons à Coban, sans intérêt, les Guatémaltèques ont certainement des qualités, mais pas d'un point de vue urbanistique; la ville est nulle. Nous y passons une nuit et rebroussons chemin pour aller nous balader en forêt tropical à la recherche du quetzal perdu, oiseau emblématique du pays et déjà prisé par les Mayas pour ces plumes chamarrées et surtout la longue et unique qui constitue sa queue… nous n'en voyons bien sûr pas, mais la promenade est agréable quoique courte. Le soir même nous arrivons jusqu'à Antigua, d'où l'on repart le lendemain pour le lac Atitlan, réputé comme une des merveilles du Guatemala. Oui, le paysage est assez magnifique : un grand lac entouré de volcans, mais nous ne pouvons une nouvelle fois qu'être un peu déçu par la laideur des petits villages prétendument typiques et mignonets, non non ils sont simplement bétonnés!
A Panajachel, le gros bourg du lac, nous prenons quand même le temps de nous attabler au restaurant d'un compatriote et dégustons avec délice, escargots, magret de canard et tournedos Rossini. Rassurés voire rassérénés sur la suprématie universelle de notre gastronomie, nous nous endormons sereins, contents.

Deux jours plus tard, nous retournons à Antigua afin de profiter de son parc central, où l'on dégusta des cafés frappés au long des bancs de bois en prenant des photos de voyeurs au gros dzoom et en savourant l'acception indigène de l'oisiveté!
Puis au tout petit matin, nous mettons les bouts vers Guate et son aéroport afin de rendre Christine à la grisaille stéphanoise… Il s'en fallut de peu qu'elle ne loupât son avion dans les embouteillages mais l'agilité de sioux du Grégory, usant de la massivité et de l'âge du véhicule, fumant une demi-douzaine de clopes, comme combustible complémentaire et symbole de la rugosité patibulaire d'un requin des bouchons, évinçant d'un regard sec les clins d'œil malicieux de conductrices usant de leurs charmes, nous permit d'atteindre sans retard l'embarcadère aérien.
Nous reprenons la route seuls, et traçons jusqu'au Peten : Tikal. La route qui y mène est franchement belle et sauvage. On y laisse un pneu mais c'est beau. Flores est une petite presqu'île, presque jolie, par contre Tikal, ça chie sa mère! Non, sans dèc, c'est en pleine grosse jungle avec des vrais gros temples sur lesquels on peut monter. Vraiment chouette!!!!

Paf, le soir même on part pour le Belize, les douaniers sont, comment dire, douaniers, ils ont le sourire en option pas choisie… mais, étant en transit vers le Mexique, on ne paie rien. Enfin presque, parce que le premier flic que l'on croise nous dit qu'il nous faut une assurance. On croit comprendre que ça peut s'arranger avec un bakchich. On est naïf, on comprend pas, on va prendre l'assurance, de peur de devoir bakchicher à chaque flic!
Le Belize est anglophone, ça change et c'est rigolo. Mais Belize City change peu et parait peu rigolote : quand trop de gens vous proposent trop de choses en plein jour, on pense que peu d'entre eux vous laisseraient peu de choses en pleine nuit… Nous avons quand même le temps de rencontrer un indien d'Inde qui nous dit vivre dans cette "ville de fou" depuis plusieurs années, et nous indique un bon hôtel au tenancier gentiment grisé par du vin de cajou qu'il renverse allègrement sur son bureau…
Le lendemain on file au Mexique. Frontière sans problème. Petite halte au gros duty free frontalier. Puis Mahahual, un Cancun en construction, réservez vos places, dans 5 ans, ça va donner… puis Tulum, sa plage, ses touristes italiens, ses flics, nos anciens amis Pablo, Julio…
Puis on vend le camion à un couple de Français qu'il faut que je rappelle aujourd'hui même, puis Chichen-Itza qu'on avait pas vu, et qui, bon, est pas mal, si la pyramide principale a de la gueule, c'est hachement bien restauré, et puis y'a des gros édifice en style Puuc qui sont bien. Sinon, oui, c'est pire que Palenque, dans le genre mayaland… Y'a même un son et lumière avec des touristes qui applaudissent des machines!
Et puis Mérida, grand, pas facile de se garer, mais pratique pour les achats. Puis Progreso, au bord de la mer, d'où je rattrape le temps perdu et vous souhaite le bonjour. Dans une semaine, nous serons de retour parmi vous…
mardi 24 février 2009
Côte Pacifique
Par Greg le mardi 24 février 2009, à 16:14 - Guatemala
Holla les gens,
Nous avons quitté la plume depuis un gros mois déjà, non par ennui de nous savoir lu à la tombé de vos jours glacés mais pour avancer notre projet du guide d’Amydermès. Avant de vous conter avec malice la suite de nos péripéties guatémaltèques, qui je vous rassure d’emblée ont tout de même été plus calmes que les précédentes, je vous invite à vous inscrire et à feuilleter l’unique ville entrée dans ce magnifique futur guide en ligne (http://amydermes.free.fr/ ). Cette ville porte le doux nom de Valladolid, nom aujourd’hui gravement associé au php, mySQL, javascript et autre absurdités informatiques. Elle se situe dans le Yucatan et si vous arrivez à la dénicher sur notre site, le tour est joué ! Dernier encart à ce carnet de voyage… Bientôt nous aurons besoin de vous pour aller visiter les restos, bars, et autres attraits touristiques de notre région….
Donc suite à notre attaque à but philanthropique de nos paysans miliciens, nous prîmes le chemin d’une ville perdue dans la montagne nommée Todos Santos. Nous avions la grande intention de parcourir à pieds les montagnes immenses du Guatemala pendant quelques jours… Mais bon, notre mésaventure de la veille avait quelques peu refroidis nos élan aventureux…
Arrêtés sur le bord d’un chemin, parés à faire une sieste réparatrice, nous nous regardions d’un air interloqué…Et hop, en deux temps, trois mouvements nous avions rechaussé notre maison de fer pour retourné à la civilisation… Quelques longues heures de bitume troué plus tard nous arrivons dans une ville sans âme mais remplis de bars nommé Xela (Dites Sheila !) et nous partons, cahin caha, nous abreuver pour noyer nos déboires… Chose faite, nous dormons, rassurés sur la place centrale de cette ville, qui soit dit en passant est la 2eme en taille du Guatemala… donc la place central est, comment dire…animée.

Après cette galère montagneuse, quoi faire ? En bien, partir en direction de la plage sur la cote pacifique… Nous rechaussons donc notre camion salit et descendons la haute montagne où nous nous trouvions. Cette descente va transformer paysage et climat. Nous passons progressivement des froids conifères aux broméliacées tropicales pour arriver sur les cactées sauvages et brûlants de la plaine qui enveloppe la côte. Les paysages sont époustouflants dans ce pays, aussi magnifiques que leurs villes sont chargé de bétons, de mauvais goût, de pollution et d’êtres patibulaires...
Nous y voilà, la mer, enfin l’océan, ça fait quelques mois qu’on ne l’avait pas revu. Celui là est déchainé, bordé d'un profond sable noir volcanique. Nous sommes dans une station balnéaire peu fréquentée et sordide nommée Champérico. Après quelques mignardises locales, un autochtone nous tend un garage abrité, en nous prévenant que les alentours sont périlleux…

La nuit chaude, brûlante, étouffante, chargée d’odeurs d’urine et de cadavres de poisson transforme notre engin en boite nauséabonde… ce qui change Pierre le gaulois en un être fragile et délicat vomissant toute la nuit sous les étoiles du pacifique. A partir de ce moment là et pendant 10 jours, il ne sera plus le même, mal au ventre, thé en bord de mer le samedi soir…
A cette seconde de votre lecture, foule connaissant Pierre, je sens bien que vous ne me croyez plus !!! Mais si, du thé dans un bar en bord de plage alors que des dizaines de cocktails s’offrent à lui !!! Vous pouvez donc concevoir l’amplitude de mon anxiété, et j’ai encore du mal à m’en remettre sachant qu’il a dû flirter avec la mort pour se prescrire tant de boissons saines…
Bref, nous partons, ce que nous allons faire pendant d’ailleurs quelques temps, partir, rouler, à la recherche d’un endroit serein, calme et reposant. Entre plusieurs routes, nous nous arrêtons dans un coin au bord du pacifique noir parfaitement isolé, sauvage et intrigant, et un autre plus occidentalisé, bruyant et … cher. Au bout de quelques jours, nous prenons la nordique direction d’Antigua. Trois heures de route et 1600 mètres plus haut, nous y sommes. Nous allons y rester une vingtaine de jours afin d'avancer notre site, trouver le calme et la sérénité, attendre Krystine et oublier de vous écrire...
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